
Tout a commencé aux Etats-Unis, lorsqu'une étude, commandée par des compagnies d'assurance dans les années 50, a montré, statistiques en main, que les personnes en surpoids étaient des personnes "à risque" renforçant ainsi le discours puritain qui pesait sur l'alimentation à la fin du XIX siècle.
Manger, c'est mauvais pour la santé
La médecine a parlé : le surpoids, ça donne du cholestérol, du diabète, c'est mauvais pour le coeur et les artères, pour l'appareil locomoteur. A grands renforts de statistiques et d'indices, la science nous presse de réduire notre poids pour conserver notre capital santé qui nous assurera santé et considération des autres. Or, la fonction alimentaire est infiniment complexe. Elle peut être abordée sous le seul angle de la logique comptable de la rationnalité scientifique.
On incite les mangeurs occidentaux à s'opposer à leur inéluctable augmentation pondérale
Etre mince et manger peu dans notre société est une aberration. En effet, dans un monde où la profusion alimentaire et la sédentarisation augmente chaque jour, le mangeur occidental est une aberration. En effet, dans un monde où la profusion alimentaire et la sédentarisation augmentent chaque jour, le mangeur occidental est appelé à devenir de plus en plus gros que ses aiëux. Or, "on" lui impose de peser moins. Moralité, depuis 50 ans, le mangeur occidental s'adonne à la pratique assidue des régimes restrictifs qui devraient le ramener à un poids inférieur à son poids spontané. C'est le phénomène de "restriction cognitive".
La fonction nutritive est désormais diabolisée
Dans la société où le discours médical renforce la mode "taille mannequin", les personnes aynat un certain embonpoint sont montrées du doigt. Celles qui n'ont pas de problèmes de surpoids vivent dans la terreur d'en avoir un jour.
Docilement, elles ont contrôlé le poids de leur petit et les ont nourris scientifiquement comme on le leur prescrivait ...
Elles ont abandonné leur connaissance intuitive, expérimentée depuis des millénaires et participé à leur insu à "l'appauvrissement symbolique" de l'alimentation humaine qui, en la réduisannt à sa seule fonction nutritive, la détourne de sa fonction humanisante, socialisant et civilisatrice.