
Les fabricants des aliments de l’enfance, réunis au sein du Syndicat Français des Aliments de l’Enfance, remplissent une mission délicate : faire découvrir de nouvelles saveurs et de nouveaux aliments en respectant les contraintes nutritionnelles et réglementaires spécifiques à cette filière.
Contraintes réglementaires
L’alimentation infantile est encadrée par une réglementation européenne (en vigueur en France depuis 1976) très stricte et plus sévère que pour les aliments courants.
Les matières premières sont rigoureusement sélectionnées et les producteurs s’engagent à suivre un cahier des charges très strict. Les fruits et légumes, par exemple, doivent présenter quasiment zéro trace de pesticides ou de nitrate et aucune trace d’OGM. L’environnement des exploitations est étudié pour s’assurer qu’il n’y ait pas de route, de ville ou de cultures nécessitant l’utilisation massive de pesticides à proximité (sources de pollution). La présence de métaux lourds dans le sol et la provenance de l’eau d’arrosage sont également contrôlées.
Mieux que le BIO !
Ainsi, les normes imposées aux aliments infantiles sont plus exigeantes que celles imposées pour le label BIO. Ces normes concernent le produit fini alors que le label BIO se réfère à un mode de production (sans exigence de résultats sur le produit fini).
Les fabricants vont même plus loin que la réglementation en instaurant des mesures préventives en matière d’allergies (les principaux allergènes comme l’arachide et la moutarde sont supprimés). Ils s’interdisent depuis longtemps l’utilisation de conservateur, de colorant, d’édulcorant et d’arôme artificiel.
Contraintes nutritionnelles
Le petit enfant a besoin d’une alimentation « sur mesure », respectant quantitativement et qualitativement ses besoins nutritionnels. C’est pourquoi les aliments infantiles sont élaborés en étroite collaboration avec des experts de la nutrition infantile et des pédiatres.
Les producteurs de matières premières sont soumis à des contraintes de goût, de texture, de couleur, d’odeur et d’aspect. Les modes de cuisson et de stérilisation utilisées ont pour objectif de préserver au mieux les qualités nutritionnelles des aliments (une cuisson et une stérilisation de quelques minutes détruisent moins de vitamines qu’une cuisson maison de 30 min en eau bouillante).
Les fabricants s’investissent dans l’éducation au goût.
La quantité de sodium est réduite au maximum et même au-delà de ce qu’impose la réglementation. La même démarche est suivie pour le taux de sucre. Les arômes artificiels étant interdits, les fabricants font appel à des chefs cuisiniers pour rehausser le goût par des épices, des herbes aromatiques ou des condiments (safran, ail, thym, laurier, etc.). Les recettes peuvent sembler fades pour un palais d’adulte mais permettent aux jeunes enfants de découvrir le vrai goût des aliments et de ne pas prendre l’habitude de manger trop salé ou trop sucré.
Source : merci à Jean Loup Alain et Bénédicte Le Masson du Syndicat Français des Aliments de l’Enfance pour ces informations.