
La solitude alimentaire fait le lit de l’obésité. Restaurer le lien de parentalité, faire en sorte que la nourriture ne prenne pas la place des parents, tels sont les principales démarches psychologiques pour lutter contre l’obésité de l’enfant.
Le repas, un moment de « remplissage » La société ne véhicule plus désormais l’image du « gros bébé » et n’en fait plus son idéal. Elle a par contre constitué un monde où les limites sont difficiles à poser dans l’alimentation comme dans le reste. Dans certaines familles, la convivialité des repas n’est plus aussi centrale qu’il y a quelques années et certains enfants sont habitués à aller directement, en général seuls, vers le réfrigérateur à la sortie des classes si le goûter n’est pas préparé. Le soir, il en est de m^me pour certains adolescents qui ont coutume de dîner seuls, sans partager de repas en famille. La nourriture est alors désinvestie de sa fonction sociale : le repas devient un moment de remplissage, qui plus est, en solitaire, pour combler un manque, un vide.
Le doudou alimentaire Par ailleurs, pour ces enfants, grands ou petits, qui rentrent tôt et se retrouvent seuls, les parents ont tendance à vouloir « faire plaisir » et achètent ce qu’ils réclament : rien n’est assez chocolaté sucré ou surdosé en crème (et donc en calories) pour ces enfants. Les parents répondent facilement aux souhaits de leurs enfants et adaptent leurs achats en fonction des changements très fréquents d’appétence rencontrés, Pour les parents, ces achats sont symbole de leur présence. Père ou mère procurent ainsi la meilleure nourriture pour rattraper le fait qu’ils ne sont pas là. Celle-ci devient alors un véritable « doudou alimentaire », comme n’hésite pas à le qualifier le professeur Graindorge.
Dans cette solitude de l’après-midi ou soir, certains enfants ne sortent plus, n’ont plus d’activité physique et sont « affalés » devant la télévision en avalant la nourriture achetée en famille avec l’approbation des parents (la plupart ...