| «Tous obèses? ». C’est la question que pose un livre récent – dont c’est le titre (*). En même temps que demeurent des poches importantes de famine ou de malnutrition dans le monde, l’épidémie d’obésité s’étend dans les pays développés comme dans ceux qui aspirent à l’être, chez les pauvres plus encore que chez les riches, sans oublier les enfants, touchés de plus en plus tôt par la mauvaise graisse… Peut-on y échapper par simple volontarisme individuel (manger équilibré, faire du sport, etc.) ? C’est l’originalité de ce livre que de répondre franchement que cela ne saurait suffire. L’obésité fait partie de notre monde et de notre système : ses causes sont largement économiques et sociales, son traitement exige des décisions politiques d’envergure. Les auteurs de l’ouvrage semblent modérément optimistes : comme souvent dans l’histoire de l’humanité, il est possible que la réaction qui sauve ne vienne, une fois de plus, qu’après la catastrophe… « Près de 6 millions d’obèses », titrait Le Monde le 20 septembre dernier. Faisant écho aux données récentes de l’enquête Obépi (Obésité épidémiologie), le journal constatait la progression de l’obésité qui concerne aujourd’hui 12,4 % des plus de 15 ans en France, contre 11,3 % en 2003. Et d’y ajouter les 30 % de personnes en surpoids (proportion « stable »), avant de rappeler en conclusion que « le Programme national nutrition santé (PNNS) s’est fixé comme objectif de réduire de 20 % la prévalence de l’obésité et du surpoids d’ici 2010 ». Diable, il faut faire vite ! Mais la culpabilisation des « gros » et les incitations vertueuses à suivre les recommandations du PNNS suffiront-elles ? Le mérite de «Tous obèses ? », livre de spécialistes en nutrition publique, est indiscutablement d’échapper aux automatismes politico-médiatiques de rigueur, en matière d’obésité comme ailleurs. Et de présenter une approche de l’obésité non seulement comportementale, mais aussi historique, économique, sociale… De placer l’obésité à l’intérieur ... |
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