
- Les parents se posent de plus en plus de questions. Messages contradictoires, manque de conseils écrits, perte de transmission mère-fille,… leur donnent le sentiment que l’alimentation de leur enfant est complexe. S’ils souhaitent la plupart du temps se responsabiliser et donner à leur enfant la meilleure alimentation possible, ils ne disposent pas de repère simples leur permettant de le faire.
- Le carnet de santé, qui reste la référence médicale -96% des familles venant consulter avec un enfant de moins de 5 ans n’oublient pas de l’apporter- ne comporte que peu de messages d’information sur les différentes étapes de l’alimentation de l’enfant pendant les trois premières années de la vie : allaitement maternel ou lait infantile, modalités pratiques de la diversification alimentaire, passage à l’alimentation des plus grands, prise en charge des troubles digestifs mineurs…
- Après 1 an, les médecins ne pensent pas toujours à aborder les questions alimentaires avec les parents, à moins que ces derniers ne les interrogent, comme le montre l’enquête réalisée par le SFAE en 2002 auprès de 2000 pédiatres et médecins généralistes à tendance pédiatrique. Lorsqu’ils donnent conseils et recommandations, les médecins le font oralement la plupart du temps. Quant aux parents, ils n’osent pas écrire dans le Carnet de Santé et notent informations et questions sur un bout de papier.
Ce manque d’informations et de communications peut être à l’origine d’erreurs qui peuvent avoir des répercussions négatives à court terme, mais aussi, si on ne les identifie pas et ne les corrige pas d’emblée, à moyen et long terme.
Aujourd’hui l’alimentation doit faire partie intégrante de la consultation pédiatrique, et ce même après la première année. Pour instaurer un véritable suivi et un véritable dialogue avec les parents, les informations et conseils nutritionnels concernant leur enfant pourraient être consignés sous une forme claire et la plus complète possible.
- A la naissance, l’alimentation est le premier lien qui s’établit entre l’enfant et son environnement. Dès cet instant, le mode alimentaire va conditionner de nombreux processus d’apprentissage de l’enfant.
- La diversification alimentaire, qui intervient à partir de 4-6 mois, est également une étape primordiale. Mal conduite, elle peut conduire à des excès ou exposer à des carences :
- Entre 4-6 mois et 1 an, par exemple, le lait 2ème âge (ou lait de suite) doit rester l’alimentation de base et couvrir, en particulier, les besoins en fer et en acides gras, indispensables pour un développement harmonieux de l’enfant.
- Le passage d’une alimentation adaptée au bébé à l’alimentation des plus grands est également une période à risque : simplification des repas, portions trop importantes, alimentation déséquilibrée (trop de protéines, de sucre, de sel,…) : autant de facteurs de risque alimentaire qui doivent être repérés dès 2 ans avant qu’ils ne puissent faire le lit d’une obésité. Plus tôt les problèmes sont repérés, meilleure sera la prise en charge.
- Certains troubles du comportement alimentaire trouvent leur origine dans la petite enfance. Il est donc fondamental de pouvoir recenser régulièrement les pratiques nutritionnelles pour comprendre le mécanisme pathologique qui est en train de se mettre en place et le « désamorcer ».
- Les troubles digestifs mineurs (pleurs, rejets, troubles de l’appétit, constipation) sont très fréquents. La méconnaissance de leur signification peut conduire les parents à des mesures inappropriées. L’introduction ou l’éviction de certains aliments doit faire l’objet d’une stratégie discutée avec le médecin. Aucun régime de restriction calorique d’enfant en bas âge ne peut être mené en dehors d’une suivi médical.
Enfin, l’activité physique, même chez le petit enfant, doit aussi être abordée et donner lieu à des recommandations écrites de la part du médecin.
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