Le goût | | |

pages :
1
| A la naissance, bébé a déjà des goûts bien arrêtés. Et contrairement à ce qu’on a longtemps cru, il est parfaitement capable d’apprécier des mets très variés. |  On croyait que le tout-petit n'aimait, au moment de la diversification de son alimentation, que les saveurs douces, presque fades. On sait aujourd'hui, qu'un enfant peut apprécier, en petites quantités, des aromates, des épices, des fromages fermentés, etc.
Ses préférences sont aussi fonction de son bagage génétique et bien sûr de l'expérience de plaisir et de déplaisir qu'il a faite au cours de sa toute petite enfance, du climat dans lequel se sont déroulés ses repas, et encore du milieu culturel dans lequel vit la famille.
Comment le goût vient aux enfants.
Bébé préfère nettement les saveurs sucrées, puis les salées, les acides ( la solution citronnée lui fait pincer les lèvres), et enfin, il déteste les amères : la solution de quinine déclenche chez lui un véritable mouvement de répulsion.
En tous cas, ses papilles gustatives perçoivent des concentrations de saveurs plus faibles que celles de la langue d'un adulte!
Le goût d'un tout-petit se forme très vite, surtout s'il est nourri au sein, car le lait de la maman prend le goût de ce qu'elle a mangé. Ainsi se crée très précocément un lien presque culturel avec le monde des hommes dans lequel il vient d'entrer, par cette relation exclusive avec sa mère.
« Nous avons demandé à des accouchées marseillaises qui avaient mangé de l'aïoli en fin de grossesse, de toucher la langue de leur nouveau-né avec une tétine parfumée à l'aïoli. Presque tous ont léché avec des mimiques de plaisir. Alors que des nouveau-nés parisiens n'ont fait que des grimaces de dégoût ! », raconte Boris Cyrulnik dans « Sous le signe du lien ». La même expérience a obtenu les mêmes résultats chez des bébés indiens, se régalant de lait parfumé légèrement au curry !
Evidemment, le bébé nourri au lait premier âge n'aura qu'une seule saveur, égale à elle-même, constante au fil des biberons. Rapidement, il est vrai, les produits de l'alimentation infantile, particulièrement soignés, permettront de l'initier à bien des saveurs que la cuisine familiale n'aurait pu proposer aussi facilement.
Puis, au fur et à mesure où son alimentation va se diversifier, il sera plus facile de lui apprendre déjà à distinguer les aliments différents, sans les mélanger dans l'assiette, puis, au contraire, à lui faire reconnaître la présence d'un aliment dans un mélange simple (de la framboise dans un petit suisse, du lait dans le potage, du fromage dans les pâtes, etc).
Bien stimuler ses papilles gustatives
Il n'est pas dit qu'un enfant n'aime que les mets fades, sans sel, ni poivre, ni herbes, ni ail, ni oignon, ni toute petite pointe d'épices. De même, il peut fort bien, apprécier très tôt un fromage à pâte persillée (roquefort, bleu...). A vous d'introduire toutes ces « nuances » culinaires qui stimulent autant les papilles que les récepteurs olfactifs, les yeux, et même le toucher !
La meilleure manière de développer son goût et surtout sa curiosité gustative, c’est évidemment de lui proposer très tôt des plats très variés. Mais sans jamais le forcer, ni adopter l'attitude paradoxale de lui faire goûter un met que vous-même, vous ne mangeriez pas!
D’autre part, sachez que le plaisir de goûter est souvent associé à celui de sentir, toucher, manipuler, voir... Jusqu'à celui d'entendre lorsque le lait provoque les petits « crac » caractéristiques lorsqu'on le verse sur les céréales!
L'éducation nutritionnelle est vraiment pleine de (cinq) sens ! Aussi, laissez-le mettre les mains dans son assiette, manger avec les doigts, sentir la nourriture avant de la mettre à la bouche. Et quand il sera un peu plus grand, installez-le pas trop loin de vous pendant que vous cuisinez. Les effluves culinaires constituent une excellente éducation gustative en lui mettant l’eau à la bouche
A partir de 4 ou 5 ans, l'enfant peut décider de ne manger que du jambon-coquillettes ou hamburger-frites, ou refuser systématiquement les mets qu'il ne connaît pas.
C’est un passage tout à fait normal de son développement gustatif, sur lequel il ne faut pas vous « braquer », sous peine de bloquer son évolution dans le domaine alimentaire. Ce n'est donc pas le moment de le forcer à manger les cassolettes de fruits de mer à la crème, les asperges sauce mousseline, et la palette de porc à la diable sur son lit de chou vert! Il restera conservateur devant l'assiette jusqu'à la porte du collège.
Ensuite, son appétit grandissant avec lui, il va peut être de nouveau goûter le gigot à la crème d'ail et la gratinée de fruits rouges des grands dimanches de la famille !
| | Claude Pelletier

pages :
1
retour | |