Les conseils du Dr Jacques Maisonneuve : Le cabinet du pédiatre est un des lieux privilégiés où circulent des interrogations, de doutes, mais aussi des préjugés et des idées fausses auxquels le praticien est invité à répondre s’il veut que parents et enfants adoptent les « bons » comportements alimentaires…
Nutrinews a rencontré le Dr Jacques Maisonneuve, pédiatre à Lyon, pour lui demander de dissiper les erreurs les plus courantes qu’il rencontre dans sa pratique quotidienne.
Après 2 ans sachez résister : -au grignotage et au déséquilibre alimentaire. L’habitude est vite prise, et même très tôt. Beaucoup de parents ne voient pas d’inconvénient à donner à leurs enfants de 2-3 ans des morceaux de gâteau à grignoter ou à les faire manger à toute heure. Quand, bien plus tard, le pédiatre est amené à revoir l’alimentation d’un adolescent, il n’est pas rare qu’il retrouve la mise en place précoce du grignotage. Alors que c’est très tôt précisément qu’il faut prendre l’habitude de s’asseoir à table, de manger à heures régulières et de faire des repas structurés. Beaucoup de conditions de la vie moderne favorisent aussi précocement le déséquilibre alimentaire.
À la crèche, une qualité de repos moins bonne. À l’école maternelle, des repas vite avalés. À la maison, le soir, un dîner trop copieux, qui ne tient pas compte de ce que l’enfant a mangé dans la journée. Si l’on y ajoute le rôle néfaste de la « télévision en mangeant », on a tous les ingrédients du déséquilibre. -à la dévalorisation du lait. Le lait continue à occuper une place importante dans l’alimentation de l’enfant qui grandit. [imageG 15584]
Dès qu’il atteint 4 ou 5 ans, beaucoup de parents diminuent de manière injustifiée les apports de lait. Le lait est « infantilisé » comme aliment du nourrisson. Or, l’enfant continue à en avoir besoin sous toutes les formes : lait, yaourts, petits-suisses, fromages… Le capital de calcium se constitue jusqu’à 18 ans et une consommation insuffisante de produits laitiers ne permettra pas une acquisition optimale, d’où un risque pour la croissance et la santé osseuse.
Préadolescents et adolescents évitez : -les régimes restrictifs. Les adolescents – en particulier les filles – ont trop souvent l’obsession de la minceur et se mettent à suivre des régimes inutiles, voire dangereux. Cures de protéines, aliments sélectionnés à l’exclusion de tous les autres, menus minceur des magazines, etc. Les incitations ne manquent pas ! Or, à tout âge, seule une alimentation équilibrée peut permettre de maintenir son poids ou de le ramener à une valeur plus normale. -l’alimentation déstructurée. La notion d’alimentation équilibrée est rarement familière aux jeunes adolescents. Les erreurs les plus courantes proviennent d’un emploi du temps inadéquat : absence de petit déjeuner en famille, sandwich et soda en lieu et place de déjeuner, grignotage massif à 5 heures, dîner négligé ou expédié, grignotage à nouveau vers 22 heures.
Le plus important – et parfois le plus difficile à mettre en application -, c’est l’adoption d’un rythme alimentaire satisfaisant. Bien souvent, c’est le mode de vie de toute la famille qui est à réaménager : lorsque l’adolescent est le premier à se lever et ne prend pas de petit déjeuner à la maison, lorsqu’il ne peut pas rentrer à midi pour déjeuner, lorsque le père rentre tard le soir, lorsque les membres de la famille dînent l’un après l’autre… Un pas décisif est accompli lorsque l’on parvient à retrouver un horaire, non seulement pour manger, mais pour faire les choses au bon moment ! -le manque d’activité physique. C’est en effet la sédentarité, peut-être plus encore que la suralimentation, qui est responsable de l’augmentation de l’obésité des jeunes en France. -de négliger le surpoids.
Parmi les enfants, préadolescents ou adolescents que le Dr Maisonneuve voit en consultation et qui sont en excès de poids manifeste, très peu viennent pour cette raison… Dans les familles, on semble ne pas prendre suffisamment la mesure des risques que le surpoids fait courir à la santé des enfants et des adultes qu’ils deviendront ! Source : Nutrinews
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