J’ai connu le temps où l’on donnait de la viande de bœuf hachée à … des nouveaux-nés ! Oui, imaginez un peu : il y a 30 ans, que pouvions-nous faire lorsqu’un bébé, non allaité par sa maman, se révélait rapidement intolérant au lait de vache ? Les substituts d’aujourd’hui n’existaient pas encore. Alors nous nourrissions ces bébés avec un mélange savamment dosé d’huile d’olive, d’amidon de riz… et de viande hachée. Et ils se développaient très bien ! Bon, aujourd’hui, il y les hydrolysats, laits aux protéines prédigérées, n’en parlons plus.
Ensuite, de nombreuses mamies ont connu la diversification précoce : elles étaient fières de pouvoir donner de la viande dès 4 mois, c’était une promotion pour cette génération qui avait connu les tickets de rationnement pendant la guerre !
Et puis mon Maître, le Professeur Lestradet, démontra que le foie des nourrissons trop protéinés était plus gros que celui des bébés allaités par leur mère. Ce pédiatre précurseur a montré que le cerveau et le squelette d’un bébé avait besoin de lait, encore de lait, et surtout de lait. Les suédoises allaitent en moyenne pendant 9 mois, sans rien donner d’autre à leur bébé. Et vous voyez comme les jeunes suédois sont bien constitués !
Alors, on a calmé les ardeurs sur la viande, la reculant vers 5 mois dans les menus des nourrissons.
Et les allergologues ont demandé encore plus de délai : si votre famille a une tendance à l’eczéma, l’asthme et allergies en tout genre, le mieux sera d’attendre 7 à 8 mois pour introduire des protéines animales. Et en petites quantités, car un menu trop protéiné favorise aussi l’obésité.