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Comment réagir face à l'enfant qui ne mange pas ?

Entre un an et demi et trois ans, il arrive que l'enfant refuse de manger. Un refus qui peut s'inscrire dans la "crise d'opposition" qu'il traverse fréquemment à cet âge. Mais qui traduit aussi parfois, une profonde aversion pour la nourriture. Dans un cas comme dans l'autre, il est essentiel que l'adulte évite de se crisper sur le problème au risque d'accentuer encore les hostilités. Les maîtres-mots : détente, inventivité et vigilance...

. Affirmation de soi... ou "peur" de la nourriture

Nina, 3 ans, est devant son assiette depuis bientôt une heure. Sa maman a beau lui avoir préparé avec soin ses mets préférés, la petite Nina détourne obstinément la tête en martelant des "non" tonitruants... Mais à l'arrivée de son papa, la petite fille se met mystérieusement à engloutir son repas jusqu'à la dernière bouchée. "Entre un an et demi et trois ans, l'enfant est en pleine crise d'opposition. Il dit "non" à tout... pour s'affirmer, explique Clarisse Fondacci, psychothérapeute. Et la première "cible" de cette opposition est bien sûr la maman qui entretenait, jusqu'alors, des rapports presque "fusionnels" avec son enfant. Ceci se repère assez vite car, en principe, le petit mange très bien dès lors qu'il est avec une tierce personne, à la crèche ou chez sa grand-mère... " Mais le refus de s'alimenter peut aussi traduire, à cet âge, un véritable malaise où la nourriture devient source de déplaisir... "L'enfant la "vit" comme une violence, une agression. Il craint qu'elle ne lui fasse mal, en l'avalant. Le fait de la faire disparaître génère aussi un certain effroi : son "devenir", à l'intérieur du corps, l'intrigue."

Quelle attitude adopter ?

"Dans un cas comme dans l'autre, il ne faut surtout pas se "focaliser" sur le problème, poursuit Clarisse Fondacci. On ne doit pas rentrer dans un système d'opposition et de lutte qui risque d'être vécu par l'enfant comme une "agression" supplémentaire. Et de ritualiser le "non" au moment du repas, en l'installant durablement. "L'idée ? Ne pas se montrer rigide -éviter les : "tu mangeras !" - mais "désamorcer" le conflit, en faisant preuve d'inventivité, en favorisant le jeu, par exemple... Afin que l'heure du repas redevienne un moment de plaisir et de détente. "Pour cela, la maman ne doit surtout pas se sentir personnellement attaquée par les provocations de son enfant; elle doit, au contraire, savoir prendre de la distance. La bonne attitude à adopter : se montrer plus attentive aux réactions de ce dernier, repérer les moments où il est plus détendu par exemple, et décaler en fonction - même si cela est parfois difficile - l'heure des repas."

Quoi qu'il en soit, ce n'est pas dans la tension que le problème pourra trouver sa solution. Et il ne faut pas hésiter à demander conseil à son entourage (la famille, le pédiatre...) si l'heure du repas devient un véritable moment... d'appréhension, pour l'adulte comme pour l'enfant.

Lise Bouilly



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