
La question passionne, mais la réponse n’est pas claire. Tant mieux peut-être, car en matière de surpoids et d’obésité, le stress à lui seul est loin de tout expliquer.
Le mangeur moderne subit les contraintes, voire les agressions, du monde qui l’entoure : conditions de vie, transports, relations de travail, difficultés socio-économiques, psychosociales ou interpersonnelles, précarité, pollution. Un environnement pas toujours favorable, auquel l’organisme réagit à sa manière par un certain nombre de réponses non spécifiques (biologiques, hormonales, etc.), qui constituent à proprement parler le stress.
Quels peuvent être les effets de ces réponses plus ou moins mesurables sur le corps lui-même et son fonctionnement ? La réponse n’est pas connue avec précision aujourd’hui.
A vrai dire,
l’organisme est préparé aux stress, il est fait pour en subir et les surmonter. D’une personne à l’autre, la sensibilité et la réaction de stress à un événement comparable peuvent être très différentes ! Difficile d’étudier le stress en général, et difficile aussi de l’étudier sur commande. Ne serait-ce que pour des raisons éthiques : pas question de faire de l’homme un souffre-douleur aussi manipulable qu’un animal d’expérience ! On ne peut, en principe, lui déclencher des stress que modérés. On est donc un peu mieux renseigné sur le rat de laboratoire que sur l’homme. Et même sur d’autres espèces comme les oiseaux, les poissons ou les mollusques. Tout en sachant qu’on ne peut guère extrapoler des uns à l’autre : l’animal n’est pas l’homme et, en principe, quelques degrés de complexité les séparent.
L’animal stressé mange plus… ou ne mange plus ! En matière de nutrition et de poids corporel, un des premiers effets du stress que l’on a pu évaluer porte sur le comportement alimentaire : il peut être soit stimulé, soit au contraire inhibé. Le rat qui subit un petit stress (l’expérimentateur pince la queue de la pauvre bête) a tendance à « compenser » en mangeant plus. Lorsqu’on cesse de ...